Les jeux Ludiques

1-Le jeu ludique :




Selon le petit Robert, (1991 :p1046): Le «jeu» vient du mot latin« jocus» qui signifie

«Badinage, plaisanterie» ou en latin plus courant «amusement, divertissement». Quand au mot «ludique», c’est un dérivé du mot latin «ludus».

Le jeu est l’activité fondamentale de l’enfant, c’est son travail à lui, sa préoccupation ; il représente un moyen de structuration de la personnalité, d’apprentissage de la vie, de développement, de découverte des autres…

Jean-Claude Arfouilloux précise que le jeu chez l’adulte est souvent vu comme une distraction ou un divertissement.

Le jeu est donc considéré comme le travail de l’enfant: Il est un moyen et en même temps une fin ensoi.

Après avoir vu ces quelques définitions proposées pour le jeu, nous Pouvant dire qu’il n’est pas facile d’opter pour une définition précise.

N de Grandmont parle d’une progression dans le jeu qui va de la modification du jeu jusqu'à sa transformation. Les étapes par lesquels passe cette progression sont :le jeu ludique , jeu éducatif et jeu pédagogique

2-Le jeu éducatif :

Lorsque le jeu est employé comme activité libre et gratuite n’ayant ni raison d’être ni but, diminue au fur et à mesure qu’on s’approche du jeu éducatif.

Il peut paraitre bien contradictoire si nous tenterons de l’associer à un quelconque apprentissage.

Le jeu éducatif n’est pas intrinsèquement différent du jeu ludique seulement, il présente quelques caractéristiques que N. De. Grand mont qualifie par spécifique.

En premier lieu, le jeu éducatif représenterait« Le premier pas vers la structure »(Grandmont), cette réflexion rejoint celle de Freinet (1960) qui décrivait le jeu éducatif comme le jeu éducatif permettrait de contrôler les acquis, d’évaluer les appris et d’observer le comportement des élèves (Grandmont).

En second lieu, il favoriserait l’acquisition de nouvelles   connaissances (Grandmont, 1997 :66).

Dans son contexte éducatif, le jeu aura comme rôle de motiver les apprenants et de réunir l’organisation et la structure spécifiques au jeu, aux pré-requis.

Ainsi « le jeu éducatif est associé aux connaissances, aux comportements et au plaisir. Il permet de développer d’abord et avant tout de nouvelles connaissances par des jeux qui démystifient un peu l’effort d’apprendre, non pas quel ‘effort soit absent, pas du tout, il est tout simplement moins perçu par l’apprenant».

En troisième lieu, le jeu éducatif devrait garder son statut de jeu, en gardant évidemment son caractère « distrayant » et sans « contraintes ».

3-Le jeu pédagogique :


Le jeu pédagogique a pour rôle de faire appel à des connaissances pour en

apprendre d’autres ou les vérifier, à tester des apprentissages comme le souligne N.

De. Grandmont (p 70).

La logique dans le jeu pédagogique est établie sur l’idée que le plaisir de jouer s’accentue au fur et à mesure qu’il ya apprentissage et elle est fondé sur deux sortes de pédagogie :

L’une indirect et où l’intervention de l’enseignant n’est pas sentie par l’apprenant (l’apprenant prend les changements de règles, par exemple, comme une technique pour fuir la routine ou l’ennui, quand à l’enseignant, il recourt à ce changement a fin d’introduire de nouvelles acquisitions).

L’autre, de la non intervention, qui consiste à laisser l’apprenant face au jeu à partir du quel, ilva construire son apprentissage : il passerait peu à peudu jeu ludique au jeu éducatif après avoir acquis les règles qui lui permettrait de réussir.

Lorsque L’apprenant est prêt, le jeu pédagogique interviendra pour l’aider à vérifier ses connaissances et les réintégrer par la suite afin de résoudre d’autres problèmes.

Pourquoi l’enfant joue-t-il ?

Le mode de fonctionnement de l’enfant, c’est le jeu, et il est impossible de le comparer à une belle exploration, à une partie de carte ou d’échec.

Le jeu permet à l’enfant de se développer harmonieusement. Lorsqu’il joue, l’enfant découvre le monde et intègre dans celui-ci ses expériences les plus précoces. Il apprend à connaitre les choses, il teste ce qu’il peut ou ne peut pas faire. Par le plaisir éprouvé dans le jeu, l’enfant apprend à maitriser ses angoisses, à accroître son expérience, à établir des contacts sociaux.

Il découvre par le jeu, les différences des autres, il ressent leurs réactions, ses propres qualités et ses propres difficultés.

Les enfants aiment jouer, c’est leur nature, ils s’amusent et ils sont heureux lorsqu’ils peuvent s’aborder sans problème dans leurs jeux. Quand l’enfant découvre et apprend une nouvelle.

Chose par son propre mode d’exercice, l’information acquise ou l’aptitude maitrisée restera longtemps gravée que si elle avait été l’objet d’une explication ou une démonstration.

Par le biais du jeu, l’enfant apprend beaucoup de mots nouveaux qui enrichissent son vocabulaire, il essaye de mettre en œuvre de nouvelles expressions, des idées personnelles ainsi que des sentiments.

C’est à travers des attitudes qu’il entreprend dans le jeu, tel l’initiation des paroles, l’échange de propos, le mime, que l’apprenant fait évoluer son langage.

Les activités de groupes favorisent fortement l’acquisition et le développement langagier.

Dans des situations ludiques, l’apprenant dédramatise et banalise la situation, ce qui l’aide à parler et à répéter avec plaisir, le mot ou la phrase jusqu’à les maitriser.

Le jeu prend une part importante dans l’évolution du langage.

Sur le plan affectif, le jeu aide l’enfant à sur monter les problèmes émotionnels qui lui font obstacle, comme la peur, la timidité, l’anxiété en lui donnant la force et l’énergie pour y arriver.

C’est aussi un moyen qui représente le monde, il aide l’enfant à comprendre beaucoup de choses à travers des situations qui ressemblent à la réalité.

Ces situations créées dans le jeu permettent à l’enfant de cerner la réalité, le monde qui l’entoure et des cerner lui-même.

Sur le plan social, le fait de jouer avec ses parents, plais beaucoup à l’enfant, ce qui favorise une socialisation et un développement de personnalité.

Le jeu représente un moyen d’échange entre l’enfant et son milieu puisqu’il l’aide à mieux comprendre la réalité et de saisir les règles de ce milieu.

Il contribue également à faire interagir les acteurs de la scène pédagogique. Les contactes créés pendant le jeu aident l’enfant à confronter ses problèmes et à apprendre en groupe, en renonçant progressivement à son égoïsme et à  sa subjectivité.

Il commence à accepter l’autre, avec sa différence et par la suite affirmer son identité.


Le jeu source de motivation :

Comme nous l’avons déjà mentionné, le jeu procure avant tout du plaisir et cela constitue l’une des composantes les plus puissantes de la motivation à apprendre. Il suffit d’observer la réaction des élèves lorsqu’on leur annonce qu’ils vont faire des petits jeux.

Avoir recours à la dimension ludique aide beaucoup pour entretenir la motivation des élèves, qui trouvent plaisir à être en classe. Le jeu ne peut qu’aiguiser leur curiosité ; plus les enfants sont motivés, plus l’apprentissage est facile.

Il est important de préciser qu’en classe de langue et surtout au moment des premiers apprentissages, tout est complètement nouveau et différent. Ainsi, des jeux qui seraient puer ils ou ennuyeux dans la langue maternelle ne seront pas forcement vécus comme tel dans la langue étrangère. Ils pourront même valoriser l’élève qui réussit moins bien, en ajoutant uncontenu langagier différent à des règles déjà acquises. Le jeu va aider et encourager l’apprenant en créant la motivation et en la maintenant. Le jeu arrive à dédramatiser les situations d’apprentissage.

Nous ne pouvons, dans ce cas, dissocier plaisir et travail car ils sont étroitement liés dans la dimension ludique de l’apprentissage d’une langue étrangère au quel l’enfant participe activement. Cela implique que les règles du jeu sont acquises et respectées par les élèves : les objectifs à atteindre doivent être clairs car le jeu devient ici un support d’apprentissage.

Les limites et les contraintes du jeu dans l’enseignement :

Il est sûr que l’usage du jeu est limité. L’apprentissage ne peut se faire sans exercice, sans mémorisation des leçons. Tout apprentissage a pour finalité un « contrôle » de connaissances.

Jouneau-Sion (2009) relève l’importance de la coupure dans le jeu pour que les élèves puissent revenir sur ce qu’ils ont effectués. Le jeu n’est pas une fin en soi, et il est essentiel que le professeur pense à faire « un avant-jeu » et « un après-jeu » pour favoriser l’analyse réflexive

Les enseignants faisant parti au réseau Ludus (Réseau vu dans 1.2.2) considèrent que

« le meilleur jeu est celui que l’on invente pour ses élèves ; transposer tel quel un jeu du commerce, aussi intéressant soit-il, est rarement possible. »

Le jeu peut en effet avoir un « effet pervers », un effet néfaste dissuadant la plupart des enseignants qui auraient pu vouloir utiliser une pédagogie par le jeu. Cet effet pervers, Nicole de Grandmont en parle sur son site « pédagogie et philosophie du jeu », c'est celui

« d'entrave aux apprentissages ». L’effet pervers est le suivant, la « pseudo » facilité d’un jeu peut inciter les élèves à ne pas fournir suffisamment d’efforts. De plus, si le jeu est perçu comme trop ludique pour les élèves, il deviendra un obstacle à l’apprentissage

  • Jouer ne comporte pas seulement des limites, il y a aussi la notion de contraintes qui entre en jeu (contrainte temporelle et de gestion).

  • Un enseignant ne peut savoir à l’avance le temps précis de réalisation d’un jeu. Les élèves peuvent être motivés et être calmes comme être tout le contraire, ce qui peut faire varier le temps du jeu.

  • La compréhension de la consigne peut aussi être un facteur de « perte » de temps. Ainsi donc l’enseignant doit avoir à l’esprit que des paramètres indépendants du jeu, peuvent faire varier la durée « de jeu », de mise en situation.

  • La contrainte au niveau de la gestion du matériel peut mettre à mal la séance (exemple : préparation du matériel : allumer l’ordinateur, mettre en place tous les jetons…). Avec certains jeux les élèves peuvent rapidement être en action. Toutefois il ne faut pas oublier que chaque élève est différent. Un élève peut rapidement se mettre en action avec un jeu alors qu’un autre élève aura plus de mal, le jeu ne lui conviendra pas. Tout comme il faut varier les supports et les situations d’apprentissage, il faut varier les types de jeux afin de ne pas habituer les élèves.


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